Sélectionner une page

Bernstein, Henry (1876-1953), dramaturge français qui a été l’un des plus brillants auteurs du théâtre de boulevard pendant toute la première moitié du XXe siècle.

 

Né à Paris, Henry Bernstein, fils de banquier, montre de précoces dispositions pour le théâtre. Il est remarqué par André Antoine, directeur du Théâtre-Libre, qui monte sa première pièce, le Marché (1900). Ses œuvres écrites entre 1902 et 1913, qualifiées de « brutales », se caractérisent par des situations paroxystiques, des personnages excessifs et des intrigues dénonçant le pouvoir de l’argent. La Rafale (1905), le Voleur (1906), Samson (1907), Israël (1908) ou encore l’Assaut (1912) mettent en scène des personnages de la haute société, riches et corrompus, dans des intrigues où dominent passions sensuelles exacerbées et scandales politiques ou financiers.

En 1913, le Secret, l’un des plus grands succès du dramaturge, marque un tournant dans sa production ; la psychologie prend le pas sur la violence des actes et des sentiments, les personnages sont plus complexes. La pièce est une véritable étude de caractères ; le personnage Gabrielle Jeannelot, névrotique et perverse, s’acharne à détruire le bonheur de sa meilleure amie, Henriette, excitant la jalousie maladive de son fiancé.

Dans les années 1920, Henry Bernstein demeure sur le devant de la scène avec des pièces de la même veine « psychologique » comme Judith (1922), qui traite du sujet biblique, et le Venin (1927). Dans Mélo (1929), il s’inspire de la technique cinématographique et découpe sa pièce en une succession de tableaux ; la pièce a été adaptée au cinéma par Alain Resnais en 1986. Après la Seconde Guerre mondiale, il connaît ses derniers succès avec la Soif (1949), Victor (1950) et Évangéline (1952).

Caractère orgueilleux jusqu’à l’excès — Henry Bernstein s’est battu en duel plusieurs fois —, il a été un dandy séducteur, mais aussi un homme engagé, dreyfusard (voir Affaire Dreyfus), antimilitariste — il a déserté pendant son service en 1897 —, et plus tard anti-nazi. Ses œuvres ne sont passées de mode qu’avec la vogue, dans les années 1950, du nouveau théâtre.