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PRÉSENTATION

Truffaut, François (1932-1984), critique, scénariste, producteur, acteur et réalisateur de cinéma français.
Théoricien et figure majeure de la Nouvelle Vague, François Truffaut a toutefois su en dépasser les codes pour produire une œuvre profondément humaine et populaire articulée autour des thèmes de la nostalgie de l’enfance et de l’amour des femmes.

LES ANNÉES DE FORMATION

2.1 Un enfant révoltéNé à Paris, François Truffaut quitte l’école à l’âge de 14 ans après une enfance difficile, période malheureuse et solitaire, entre des parents absents et indifférents, dont il va — paradoxalement — « tirer profit » dans son œuvre à venir. Cancre revendiqué, il se passionne dès son plus jeune âge pour le cinéma, en qui il trouve une véritable « famille d’accueil ». Avec son ami Robert Lachenay, il crée en 1948 un ciné-club, le Cercle Cinémane. Adolescent rebelle, il est envoyé en maison de correction, puis s’engage dans l’armée lors du conflit en Indochine, mais il est emprisonné pour désertion.

2.2 Le critique des Cahiers du cinéma : théories d’une révolution cinématographiqueAndré Bazin le tire de cette impasse et le fait entrer aux Cahiers du cinéma, lui permettant ainsi de « franchir le fossé qui sépare le vrai cinglé de cinéma du cinéaste » (selon François Truffaut lui-même), et de véritablement commencer sa carrière. Son premier article paraît en 1953. Ses textes sont vifs, impertinents et écrits avec style. Il devient rapidement le chef de file de la jeune génération de journalistes des Cahiers du Cinéma : Jean-Luc Godard, Éric Rohmer et Jacques Rivette notamment.
François Truffaut écrit également dans les années 1950 pour l’hebdomadaire Arts, qui fait appel à lui après la parution en 1954 de son célèbre article intitulé « Une certaine tendance du cinéma français », qui attaque de front le réalisme psychologique du cinéma dit « de la tradition de la qualité ». Le jeune critique s’inscrit clairement en rupture avec des réalisateurs tels que Claude Autant-Lara, René Clément ou Jean Delannoy et prône une « politique des auteurs » privilégiant la mise en scène. Il rend également hommage à ceux qu’il considère comme des « auteurs de films », à savoir des personnalités telles qu’Abel Gance, Jean Renoir, Max Ophuls, Alexandre Astruc, Alfred Hitchcock ou Roberto Rossellini.

UNE ŒUVRE MULTIFORME ET ROMANESQUE

3.1 Les Quatre Cents Coups (1959) : film-manifeste de la Nouvelle VagueFrançois Truffaut réalise son premier court métrage, Une visite, en 1955, suivi par les Mistons, en 1958. Sorti la même année que À bout de souffle de Jean-Luc Godard et le Beau Serge de Claude Chabrol, son premier long métrage, les Quatre Cents Coups (1959), fait l’effet d’une « bombe » dans le paysage cinématographique français ; la Nouvelle Vague connaît son année de gloire et François Truffaut applique à la lettre son discours critique fondé sur un refus de toute complaisance et un regard inédit du réalisateur — à la fois sensible et distancié — sur ses personnages, en l’occurrence un enfant blessé par la vie. Sélectionné et récompensé au festival de Cannes — il obtient le prix de la mise en scène —, le film connaît en outre un immense succès public.

François Truffaut crée alors sa propre structure de production Les Films du Carrosse — en hommage au Carrosse d’or (1953) de Jean Renoir —, qui lui assure indépendance financière et maîtrise complète de son œuvre.