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La taxe d’habitation en question

Récemment élu, le président de la République française Emmanuel Macron avait fait de la suppression de la taxe d’habitation une promesse de campagne. Suite à la mise en place du nouveau gouvernement et au début de réflexion autour du budget 2018, cette mesure a été revue et corrigée en une simple exonération pour environ 80% des ménages payant des impôts sur le territoire français. De plus, dans une interview accordée à Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV/RMC, le Premier ministre Edouard Philippe a précisé que le dispositif serait mis en place progressivement. Ainsi, tout devrait commencer par une réduction du montant de la taxe d’habitation de 30%, et ce pour près de 17 millions de ménages, jusqu’à aboutir d’ici trois ans à une suppression plénière pour 80% des foyers concernés.

A qui revient la taxe d’habitation ?

La taxe d’habitation est une contribution directe au budget de la commune dans laquelle on réside. Selon la situation, la taille et les particularités intrinsèques de la localité, cette taxe représente entre 10 et 60% du budget municipal. Les dotations de l’Etat sont gelées depuis plusieurs années maintenant, la quasi-suppression de la taxe d’habitation inquiète donc les élus locaux qui jonglent déjà entre les budgets ultra serrés et la quantité encore et toujours croissante de missions à couvrir allouées aux communes du fait de la décentralisation. Ainsi, on craint dans les mairies de devoir faire une croix sur de nombreux investissements pourtant essentiels : cantines, crèches, transports, travaux divers … Néanmoins, le gouvernement assure que ce manque à gagner sera compensé « à l’euro près », sans toutefois donner davantage de précisions.

Qu’est-ce qu’on y gagne ?

Selon les chiffres de l’OFCE – Sciences Po Paris, la taxe d’habitation ne représente qu’1,4% du revenu disponible des ménages, ce qui équivaut à une somme de 279 jusqu’à 356€ par an et par foyer. Or, une suppression de cette taxe ne représenterait à l’arrivée qu’une hausse de 0,7% du pouvoir d’achat pour le contribuable. Cette économie est bien mince, et particulièrement si les familles doivent d’un autre côté compenser la baisse des budgets communaux qui pourrait se répercuter sur le prix des repas à la cantine, de la garde d’enfants en crèche, des infrastructures locales, etc. Notons aussi que les associations de propriétaires s’alarment, puisqu’un des moyens de compensation serait de durcir la taxe foncière. Cela pourrait être une charge très importante pour certains Français, notamment pour ceux qui se sont lancés dans des investissements immobiliers ces dernières années, avec des dispositifs comme la loi Pinel par exemple.